Les séjours de longue durée en impesanteur ne sont pas sans effets sur l’organisme,
entraînant notamment des modifications du squelette et des muscles chez les astronautes.
Pour faire face aux besoins des missions prolongées à bord de la Station spatiale
internationale, les agences spatiales européenne (ESA), française (CNES) et japonaise (NASDA)
s’emploient à valider des contre-mesures au titre de la médecine préventive en réalisant une
simulation au sol basée sur le modèle de décubitus anti-orthostatique.

Cette étude sera réalisée sur deux périodes de quatre mois, l’une commençant en août 2001 et
l’autre en mars 2002. Au cours de chacune de ces campagnes, quatorze sujets resteront alités
pendant trois mois, ce qui permettra d’obtenir un volume suffisant de données scientifiques.
Chaque campagne, d’une durée de 120 jours, comprendra une phase préparatoire de 15 jours,
puis une phase de 90 jours pendant laquelle les sujets seront alités en position inclinée tête
vers le bas de -6° par rapport à l’horizontale, et une phase de récupération de 15 jours. Les
études antérieures, réalisées avec des inclinaisons variant de 0 à -15°, ont montré que la
position à -6° simule de façon optimale les effets de la microgravité spatiale.

Il s’agit de l’étude européenne de décubitus anti-orthostatique la plus complexe et la plus
longue jamais réalisée. Elle a pour principal objectif d’étudier les modifications des muscles et
du squelette survenant au cours des vols spatiaux de longue durée et d’évaluer des
contre-mesures appropriées. Des expériences supplémentaires seront menées sur le système
cardio-vasculaire et la régulation neuro-endocrinienne de la production d’urine, sur le
comportement psychologique et les modifications du cycle veille-sommeil. Du point de vue
médical, cette étude vise également à améliorer les traitements chez les personnes atteintes
de maladies musculaires et de perte de masse osseuse.

Ces expériences ont été proposées par des chercheurs européens en réponse à un avis d’offre
de participation lancé par l’ESA, ainsi que par des chercheurs de la NASDA étudiant la
physiologie osseuse. Une dizaine d’équipes scientifiques représentant quelque quatre-vingt
chercheurs y sont associées.

Pendant toute la durée de l’étude, les sujets subiront plusieurs examens : tests à l’effort,
ostéodensitométrie (mesure de la densité osseuse), imagerie par résonance magnétique (IRM).
Il sera également procédé à des analyses de biopsies musculaires et à des analyses
biochimiques approfondies de prélèvements biologiques.

Pendant leurs loisirs, les sujets pourront lire, regarder la télévision, jouer ou utiliser un
ordinateur. Il leur sera interdit de s’asseoir, même à l’occasion des repas, servis au lit. En
dehors des appels téléphoniques qu’ils pourront passer à leur famille, ils auront rarement
l’occasion, au cours des trois mois, de prendre contact avec le monde extérieur.

Pour en savoir plus sur l’état d’avancement des expériences, il suffira de consulter le site
spécialisé à l’adresse http://www.medes.fr.

Les sujets seront soumis à des contrôles médicaux spécifiques 45 jours, 3 mois, 6 mois et 12
mois après la fin de l’étude, complétés par un questionnaire de suivi à l’issue d’une période de 3
ans.

C’est une équipe de médecins et de psychologues de l’Institut de médecine et de physiologie
spatiales (MEDES) qui a sélectionné les candidats au cours du premier semestre et qui est
chargée de mener l’étude. Basé à Toulouse, le MEDES compte plus de dix années d’expérience
dans le domaine des simulations en décubitus. Depuis 1996, le personnel de sa Clinique
spatiale a participé à six études d’alitement différentes.

Pour que l’étude soit la plus homogène possible, il a été décidé de sélectionner des candidats
de sexe masculin âgés de 25 à 45 ans. Sur un total de 450 candidats, 14 sujets ont été
retenus, tous de nationalité française, âgés de 29 à 41 ans. Ils représentent différentes
professions : professeur d’histoire-géographie, employé du bâtiment, psychiatre, facteur,
jardinier, comptable, etc.

Pour en savoir plus sur ce thème, veuillez contacter :

Benny Elmann-Larsen

ESA – Coordinateur des expériences de physiologie et responsable de projet pour l’étude de
décubitus anti-orthostatique

Tél : +31 71 565 3322

Fax : +31 71 565 3661

E-mail : benny.elmann-larsen@esa.int

Service de presse du CNES :

Sandra LALY : Tél : +33 1 44 76 76 87 – E-mail : sandra.laly@cnes.fr

Eliane MOREAUX : Tél : + 33 5 61 27 33 44 – E-mail : eliane.moreaux@cnes.fr